Le dopage : évolution des records

Penchons nous sur l'évolution du record en marathon depuis le 2003 :

  • 02:04:55 par Paul TERGAT (Kenya) en 2003
  • 02:04:26 par Haile GEBRESELASSIE (Éthiopie) en 2007
  • 02:03:59 par Haile GEBRESELASSIE (Éthiopie) en 2008
  • 02:03:38 par Patrick MAKAU (Kenya) en 2011
  • 02:03:23 par Wilson KIPSANG (Kenya) en 2013
  • 02:02:57 par Dennis KIMETTO (Kenya) en 2014

Tous ces records ont été réalisés lors du marathon de Berlin par des Kenyans ou des Ethiopiens. En 11 ans, le record gagne 2 minutes, ce qui est assez énorme sur une distance pareil. De nombreux sportifs s'insurgent dont Dominique Chauvelier, ancien coureur de marathon ou le bloggeur de Nopainnogainrunning.com.

Dennis-Kimetto Dennis-Kimetto Paul Tergat

Pour rajouter à l'étonnement de cette évolution rapide du record, le marathonien Dominique Chauvelier a fait une comparaison assez simple mais qui révèle beaucoup.

"Le champion de France du 10 km route vaut 28'55''. Ce gars-là, s'il prenait le départ au 30e kilomètre, serait incapable de suivre les marathoniens les plus rapides qui ont pourtant 30 kilomètres dans les jambes. Ces records du monde, je n'y crois pas."
Il n'hésite pas à mettre en avant le dopage qui semble être une pratique très courante dans le monde de l'athlétisme (voir les révélations sur la Russie qui serait l'instigateur d'un énorme trafic de produits dopants) et donc aussi du marathon :
"Tu ne gagnes pas 30 secondes en changeant de chaussures. Ça se saurait. Avant, il y a eu l'EPO, puis il y a eu l'Aicar. Désormais, le dopage se fait au niveau de la thyroïde pour booster le système hormonal."

Que savons-nous alors du dopage dans le marathon ?

Combien de records du monde sont-ils réalisés sous des substances illicites ?

En août 2015 l’hebdomadaire britannique Sunday Times, porte des accusations sur le prestigieux marathon de Londres, affirmant que celui-ci a été remporté sept fois en douze ans par des athlètes dopés. Les analyses de sang présentant des résultats douteux. Il semblerait aussi, toujours d'après le journal, que 32 lauréats de six marathons majeurs de Londres, Boston, Chicago, New York, Berlin et Tokyo, auraient dû faire face à une enquête après des analyses de sang douteuses : soit un quart des gagnants au total.

Pourquoi se doper ?

L'argent tout simplement. Lorsqu'un record est explosé, encore plus qu'une course gagnée, l'athlète empoche un chèque assez important. Certes, ils courent pour se nourrir, mais utiliser des produits dopants s'avère tricher, car tous les coureurs ne partent pas sur le même pied d'égalité. Rappelons certaines histoires plus associées à de la triche qu'au dopage, mais néanmoins tout aussi intéressante :

  • Lors du marathon de Nairobi, le 25 octobre 2015, Julius Njogu double sans le moindre souci le second de la course, remportant ainsi la deuxième place sur le podium et surtout un chèque de 7000€ ! L'athlète a été accusé de tricherie car il serait rentré dans la course qu'à un kilomètre de l'arrivée, n'ayant pas couru les 42 autres kilomètres. Frais comme un gardon, il a tenté de doubler le premier coureur aussi, en vain. Le marathonien a ôté ses baskets pour montrer ses ampoules afin de prouver qu'il avait bien couru tout le marathon, mais cela n'a pas suffit à convaincre les organisateurs de la course qui ne l'ont jamais vu dans le peloton de tête, ni durant toute la course.
  • En 1980, Rosie Ruiz a emprunté le métro lors du marathon de New-York. Etant fatiguée au 30ème kilomètre, elle a pris le métro et est sortie un peu plus près de la ligne d'arrivée, parmi les coureurs. Elle a terminé la course en 2h56min, un record pour une femme ce qui lui a valu d'être inscrite d'office pour le marathon de Boston. Pour ce dernier, elle a loué une chambre d'hôtel proche de la ligne d'arrivée, s'est aspergée d'eau pour faire croire à de la transpiration et est sortie de la foule... un peu trop tôt, le peloton étant derrière elle et explosant sa précédente performance en réalisant un record de 2h31minutes! La supercherie est vite démasquée par l'incohérence de son discours.
  • En Chine en 2010, pour le marathon de Xiamen, un groupe d'étudiants ont eu l'idée grandiose de se partager le parcours en se faisant passer le dossard. Il semblerait d'ailleurs que sur les 100 premiers de ce marathon, 30 auraient triché : soit en en faisant passer le dossard, soit en prenant le bus.
  • Marathon de Londres, en 2009, un coureur de 69 ans, Anthony Gaskell décide de raccourcir le trajet de 15km en passant par de petites rues. Il termine en 3h05m.